Ceux qui ont mis la tête sous l'eau cette semaine ont dû être déçus. Le frisson escompté n'est pas venu. La semaine dernière, France-Antilles a dévoilé l'existence, depuis le mois de novembre
2008, d'étranges détonations sous-marines sur la côte Caraïbe (voir édition du vendredi 3 juillet). Les scientifiques de l'Observatoire volcanologique et sismologiques de la Montagne Pelée ont
été rapidement informés du phénomène. A force de recherches, ils ont écarté toutes les hypothèses humaines et ont pris soin d'installer fin juin, à 42 mètres de profondeur, un hydrophone. Ce
dernier a pour mission d'enregistrer les sons, jusqu'au mois de novembre prochain, afin d'analyser l'origine tellurique de ces ondes.
« La semaine dernière encore, j'ai perçu ce bruit court, comme une déflagration, une détonation ou une explosion. Le bruit était tellement intense que, dans la crainte, je suis sorti de l'eau!
» , témoigne Jean-Guy Gabriel, moniteur de plongée au Prêcheur.
En différents lieux et profondeurs, les plongeurs entendent ces détonations de façon plus ou moins intense et régulière. Ils y sont maintenant habitués. Rarement, il arrive que le bruit cesse.
C'était le cas cette semaine. Aucun son, même faible, ne s'est fait entendre par les oreilles expertes des plongeurs.
Les plus optimistes imaginent que mère Nature peut réserver de bonnes surprises et imaginent déjà une attraction touristique, comme au sud de l'île de la Dominique, à « Champagne Beach » , où
du gaz s'échappe du fond marin pour remonter comme des bulles de champagne vers la surface.
Les scientifiques pensent cependant que le phénomène, sûrement localisable soit sous le flanc sous-marin de la Pelée, soit entre la Martinique et la Dominique, est situé à des profondeurs
inaccessibles pour les touristes, peut-être de l'ordre de 500 mètres!
En tout cas, ils n'y voient, pour l'instant, aucun danger particulier.
- ILS ONT DIT...
JEAN-GILLES GABRIELPÊCHEUR ET PLONGEUR EN APNÉE AU PRÊCHEUR
« Pour moi, cela s'est passé lors de la senne du soir, à la mi-novembre, vers les 18h30, aux Abymes et face à la Citadelle. Le son, pas très fort, m'a d'abord fait penser à l'onde sonore
provoquée par un grand banc de poissons. Comme ce n'était pas le cas, j'ai imaginé que la source devait provenir de travaux. Nous étudions toutes les hypothèses (NDLR : avec l'Observatoire
volcanologique et sismologique de Martinique). Par exemple, le navire de 27 mètres « l'Atlantis » (coulé le 18 mars 2008 par 250 mètres de fond suite à son naufrage), qui viendrait taper,
avec la force du courant, contre la paroi du canyon sous-marin. »
JEAN-GUY GABRIELMONITEUR DE PLONGÉE AU PRÊCHEUR
C'est mon frère Jean-Gilles qui m'a appris la nouvelle. Curieux, je n'ai pas pu résister à l'envie d'aller me rendre compte par moi-même. Vers les 17 heures, sur le ponton de la Charmeuse,
équipé de palmes, d'un masque et tuba, j'ai nagé une dizaine de mètres puis j'ai plongé. A trois mètres, je commençais à percevoir le son puis, vers quinze mètres, l'eau était trouble et le
son s'est transformé en un bruit inquiétant. Cette impression d'inconnu m'a fait revenir au ponton. »
JACQUES-YVES IMBERTSAINT-PIERRE, MONITEUR DE PLONGÉE
La première fois que j'ai perçu ce son, je l'ai interprété comme le souffle d'un plongeur dans mon dos, ayant lâché l'embout de son tuba d'oxygène. Mais rien ni personne ne se trouvait là.
Quelque temps après, les témoignages de pêcheurs venant recharger en oxygène leur bouteille de plongée au Club Papad'lo m'ont permis de faire le rapprochement avec cette expérience. Les
membres du Club l'ont perçu à différentes profondeurs, 15 à 50 mètres autour des épaves que nous visitons. Ces sons, qui ressemblent à des détonations, se font plus forts vers le Prêcheur.