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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 23:51
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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 23:47
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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 14:19

C’était envisageable depuis la fin de la grève contre la vie chère. Mais une chose est certaine, qui aurait pu croire qu’ils oseraient augmenter les prix dans les grandes surfaces de façon aussi ostentatoire ?

Qu’en pensez-vous ?

Grande distribution : les prix ont augmenté !
L'association des consommateurs du François, réunie hier dimanche, a rendu publiques les conclusions d'une enquête sur l'augmentation des prix, menée depuis le 15 avril dernier.
Lundi 27 avril 2009 00:06 | DOMactu.com | Par François Thurenne

C'est confirmé, depuis la réouverture des grandes surfaces les prix ont de nouveau augmenté!

L'enquête menée par l'association des consommateurs du François en étroite collaboration avec le quotidien France-Antilles mais également par quelques membres du collectif du 5 février contre la vie chère a donc prouvé que si les produits BcBa ont effectivement baissé de 20%, en revanche les autres produits auraient, eux, augmenté de 10 à 30%...

Articlé publié par François Thurenne
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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 14:06

La face cachée des états généraux ultramarins

A vos commentaires, quand pensez-vous ?

http://www.marianne2.fr/La-face-cachee-des-etats-generaux-ultramarins_a177774.html

Anna-Marie Le Pourhiet, professeur de droit, dénonce le règne de la démagogie qui s'instaure avec les états généraux ultramarins à venir. Où l'on apprend que les beke n'ont pas le monopole de la profttation.

« Organiser des états généraux pour remettre à plat le modèle ultramarin », tel est donc le nouveau mot d’ordre gouvernemental, qui présuppose que « modèle » il y ait, ce dont il est permis de douter compte tenu du bricolage qui en tient lieu depuis si longtemps.
Que va-t-on encore observer, dire et prescrire dans les ateliers de cette grand-messe tropicale ? Nous le savons à vrai dire déjà car les bibliothèques de l’Assemblée nationale, du Sénat, de la rue Oudinot et de Bercy croulent sous le poids des innombrables rapports remis depuis des décennies sur l’Outre-mer en général ou chaque collectivité en particulier. Tous ont parfaitement diagnostiqué les problèmes en présence. Localement et à Paris on ne compte plus les incessants colloques où se produisent de doctes experts qui viennent exposer savamment les pathologies du grand malade ultramarin.


Exonération-subvention-dérogation

Chaque débat budgétaire permet aussi au chœur de pleureuses des parlementaires d’Outre-mer de décrire la situation économique et sociale désastreuse de leur circonscription à laquelle les gouvernements successifs répondent par des lois (d’orientation, de programmation ou de développement) qui ne contiennent jamais rien d’autre que l’éternelle trilogie « exonération - subvention - dérogation », c'est-à-dire des discriminations positives territoriales jusqu’à l’écoeurement, au point de distribuer maintenant des billets d’avion gratuits aux frais du contribuable !


Ces temps-ci nous avons encore vu se succéder les bavards incontinents qui déversent à chaque occasion leur pédagogie stérile. Tantôt ce sont des politiciens incapables de proposer autre chose que des « évolutions institutionnelles » dont on connaît la parfaite inutilité pour sortir de l’assistanat économique et social. Tantôt ce sont les habituels plumitifs qui nous abreuvent de leur jargon pédant et incompréhensible. Ils  nous expliquent ainsi refuser de « s’enfermer dans une verticalité royale pour le moins involutive », et proposent de prendre en compte « une réalité omnidimensionnelle, laquelle devrait d’abord nous inviter à fixer l’impensable », puis d’« aller en relations partenariales dans l’appétit d’un imaginaire libre », avant que « d’aborder aux rives salubres du poétique » (Patrick Chamoiseau, Le Monde, 14 mars 2009). Voilà qui fera assurément baisser les prix et le chômage !


Les Beke n'ont pas le monopole de la profitation
Quant au secrétaire d’Etat à l’Outre-mer il pense avoir soudain trouvé la formule magique dans « le tourisme, l’agro-nutrition et les énergies renouvelables »  ainsi que dans la « valorisation des universités ultramarines », mais l’on trouvait déjà toutes ces bonnes idées dans les discours tropicaux de Jacques Chirac qui n’ont cependant jamais servi à rien.   

 
Dénoncer la « profitation » de certains serait crédible si celle-ci n’était pas la valeur la mieux partagée des sociétés d’outre-mer où chacun, du plus humble RMIste au Béké, en passant par les fonctionnaires, les syndicalistes et les élus locaux, fonctionne au passe-droit et au clientélisme. L’Etat de droit comme les principes républicains sont mal assimilés et l’Etat tout court n’accomplit pas ses missions régaliennes de contrôle du respect des lois de crainte de se faire accuser de mener une « politique d’oppression colonialiste ». On a ainsi pu lire des  rapports préfectoraux reconnaissant avoir négligé le contrôle des actes des collectivités territoriales au prétexte des « troubles à l’ordre public » que pourrait déclencher la sanction des illégalités.


Les chiffres du chômage faussés par le RMI

Que dire de l’incurie de la gestion publique locale en matière de transports en commun, d’urbanisme, d’environnement, de perception des impôts locaux, d’assainissement, ou d’entretien des routes et trottoirs ? Fort-de-France et Pointe-à-Pitre sont sans doute les deux capitales régionales les plus insalubres de France. Où est donc passé l’inventaire tant attendu de la gestion d’Aimé Césaire ? Que dire aussi du cumul fréquent du RMI et d’un travail clandestin qui fausse les chiffres du chômage et contre lequel les services de contrôle ne luttent pas franchement ?
L’Etat-providence est sans doute omniprésent mais l’Etat régalien a peur de son ombre et on a pu le constater encore dans l’attitude timorée d’Yves Jégo. La routine en réalité. Que des étudiants incendient, en 1996,  un véhicule à Cayenne et voilà aussitôt deux ministres qui montent dans le premier avion pour démanteler stupidement l’académie des Antilles-Guyane.

 
La question n’est pas de savoir si le passé esclavagiste cicatrise ou non, elle est qu’on ne veut surtout pas le solder car c’est un moyen de pression et de chantage quotidiens d’une efficacité formidable. Il justifie absolument tout y compris l’infantilisme syndical, les grèves à répétition et les menaces et agressions qui les accompagnent.
Comment faire taire la critique d’un professeur métropolitain contre une mauvaise formation qui nuit aux étudiants, sinon en lui lançant, en plein conseil scientifique de l’Université « C’est le retour du pouvoir blanc ! » ? Inutile de prétendre « valoriser » l’Université des Antilles et de la Guyane alors qu’elle est à la queue du classement français pour cause de recrutement endogame des enseignants-chercheurs. Que l’on fasse donc un audit de l’enseignement du droit en Guyane et l’on constatera qu’il n’y pas que les Békés qui éliminent la concurrence. Quand la « préférence autochtone » devient la règle dans un territoire, la médiocratie s’installe au préjudice dramatique des générations futures. Ajoutons y la sur-rémunération des fonctionnaires avec son injustice criante et ses effets inflationnistes bien connus et la faillite est assurée.

L’Outre-mer français marche sur la tête et vit au dessus de ses moyens. Si les états généraux prévus ne servent qu’à entendre ressasser les sempiternels constats et que l’Etat recule de nouveau devant les mesures drastiques à proposer gageons qu’on aura encore palabré pour rien et qu’il ne restera plus aux contribuables qu’à payer la facture. Comme d’habitude.


 

 

Dimanche 05 Avril 2009 - 00:37

Anne-Marie Le Pourhiet

 

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4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 11:45
Prix du carburant : Rapport édifiant !
Les premières conclusions de la mission d'information sur la formation des prix du carburant en outre-mer, commencent à tomber. Elles pourraient remettre en question tout le fonctionnement de la SARA.
Samedi 4 avril 2009 00:00 | DOMactu.com | Par François Thurenne
La SARA (société anonyme de raffinerie des Antilles) engrangerait des marges injustifiées. C'est en effet ce que ferait ressortir les premières conclusions du rapport sur la formation des prix du carburant en Outre-mer.

Les cadres de cette raffinerie toucheraient 120 000 euros de plus que leurs homologues métropolitains chaque année.

Des mesures sérieuses devraient être prises lors des états –généraux.

 Il est fort probable que la raffinerie connaisse, dans les mois à venir, de profonds remaniements avec pour conséquence directe, la suppression de nombreux emplois.

Et à ce titre, les pompistes pourraient être les premiers à en faire les frais…
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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 23:36
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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 23:27
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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 23:20
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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 16:25

http://www.bondamanjak.com/martinique/28-a-la-une/6882-cyber-h-en-mode-qescq.html

C'est pas vraiment des produits de premières nécessités qu'ils ont sous le bras ! C'est bien lamentable de voi ce genre d'images !


Cyber h264
envoyé par gildeg
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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 15:42

Institut de Recherche pour le Développement

Université des Antilles et de la Guyane

Université d'Etat d'Haïti

 

Table ronde sur la recherche et l'enseignement du créole en Guadeloupe

28 mars 2007

Pointe-à-Pitre, Guadeloupe

Le traitement des croyances

la question du sens d’une réalité culturelle en milieu scolaire guadeloupéen

 

Marie-Hélène JACOBY-KOALY

Lien vers l’article de Marie-Hélène JACOBY-KOALY :

http://snoopy.bondy.ird.fr/ezpublish/index.php/IRDMartinique/content/download/42565/135458/version/1/file/AREC-F-Guadeloupe-08-Jacoby-Koaly.doc

1. MAGICO-RELIGIEUX ET APPRENTISSAGES SCOLAIRES

Enseignante de formation, très tôt au cours de notre carrière professionnelle, nous avons toujours été interpellée par les enfants qui avaient des difficultés d’apprentissage, mis à part les enfants qui présentaient un problème purement cognitif. Pour nous, il était devenu important de nous intéresser à d’autres causes de l’échec scolaire. Au fil des ans, et ce, à tous les niveaux de cycle du primaire mais également et surtout au niveau du milieu spécialisé, nous avons pu observer, entre autres, des comportements, des ports d’objets ou des discours qui renvoyaient à certaines croyances dont celles qui relèvent du magico-religieux.

De toutes ces observations est né un désir d’étude et d’approfondissement de la réalité pédagogique dans son rapport avec le rôle que pouvaient jouer ces croyances dans le phénomène de l’échec scolaire. En effet, nous pensons que l’échec scolaire est en étroite relation avec l’espace social dans ses multiples facettes, même lorsqu’elles se rapportent à l’insolite ou à l’inexplicable. L’intérêt central de notre exposé est lié à la place et au sens qu’occupent la pensée et certaines formes de croyances dans le fonctionnement du milieu scolaire guadeloupéen. Plus exactement, il s’agit de faire émerger dans l’école guadeloupéenne, l’existence de ce que j’ai appelé dans ma thèse une "culture cachée", à savoir de façon plus précise : les pratiques magico-religieuses.

Briser la problématique pragmatique et institutionnelle du milieu scolaire pour nous tourner vers une problématique peu habituelle et abordée, sous son aspect culturel plutôt caché, nous conduit à nous demander s’il faut traiter les croyances en milieu scolaire en tenant compte des répercussions possibles sur le plan éducatif mais également sur le plan pédagogique.

Nous pensons que la problématique de l’échec scolaire s’avère insuffisante sans la prise en compte de paramètres qui relèvent de la croyance de certains adultes qui ont recours au magico-religieux pour interpréter les malheurs et échecs (tel l’échec scolaire) surtout quand il s’agit pour eux d'un moyen de mettre en place une stratégie privilégiée qui permet d’expliquer "l’inexplicable".

Avoir un ou plusieurs enfants en échec scolaire représente un problème pour les parents mais aussi pour les enseignants. Il est donc important de prendre en compte la compréhension du rapport entre les représentations et les compétences interprétatives de ces différents acteurs face à l’échec scolaire mais également les expressions ou mots employés pour expliquer leurs comportements.

Mais d’une manière générale, qu’est-ce que le magico-religieux ? Et peut-on en faire un lien avec les apprentissages scolaires ?

Le magico-religieux serait un syncrétisme relevant de la fusion de la magie et de la religion. En milieu scolaire, les apprentissages qui renvoient au fait d’acquérir des connaissances sont évalués d’après des normes institutionnelles et débouchent soit sur l’échec, soit sur la réussite. Mais quand on évoque le magico-religieux dans son rapport avec les apprentissages scolaires, cela signifie pour certains qu’il y a échec alors que pour d’autres, cela veut dire qu’il faut aller de l’avant et montrer ses capacités… Mis à part les termes qui renvoient à l’Institution, les parents ou enseignants peuvent désigner l’échec au niveau des apprentissage en disant : "ne parle pas bien, incapable de se concentrer, ne sait pas écrire, ne sait pas lire, n’a pas l’esprit de synthèse, manque d’attention"...

Dans le cadre de ce séminaire, une des façons de vous parler de ce rapport possible entre le magico-religieux et les apprentissages scolaires est de prendre en compte le lien entre "kréol" et "kwayandis" relevées dans les entretiens sur le plan de la culture et ce, par son entrée dans la langue dans des expressions que nous allons examiner.

Au niveau des enfants

Dans l’ensemble, en terme d’effort ou d’organisation méthodologique, les enfants n’ont pas de solution pour résoudre leur problème d’échec. Ils semblent accepter leur situation et s’installent sur le plan naturel dans un processus de fatalité, alors que sur le plan magique, ils affirment être possédés par un esprit maléfique. Les enfants expliquent leur échec, dans son aspect caché des choses, et leur explication renvoie souvent à une grande confiance qu’ils accordent aux croyances parentales. Certains d’entre eux, dans leur spontanéité, parlent beaucoup de l’échec scolaire en termes de croyances.

S’adressant à l’enseignant :

- "Mme ! Il y a toujours un gros crabe qui rentre dans la maison. Ma maman a envoyé de l’ammoniaque sur lui parce que c’était un "sosyé"  pour empêcher ma sœur et moi de travailler à l’école".

- "Oui, Mme ! des fois, on voit des poules dans les "kat chimen", faut pas passer dessus, ça peut t’empêcher de travailler à l’école !"

- "Des fois, ma maman dit que je suis endiablé… Ça m’empêche de travailler".

S’adressant à un camarade :

- "Papar 'gadédzafè', c’est lui qui m’empêche de bien travailler à l’école".

Ainsi, si le terme "endiablé" est connu suivant l’individu à qui on s’adresse, ce n’est pas forcément le cas pour les termes : "sosyé", "gadédzafè" ou encore "kat chimen".

Au niveau des parents

Plusieurs éléments culturels sur les croyances ont émergé de la transcription des entretiens. En terme de solution, pour résoudre le problème de l’échec scolaire. Nous avons pu entendre :

"Je n’ai pas peur pour mon fils, an ké poté mannev"

"Je vais m’occuper sérieusement de lui"

"J’ai déjà fait des sorties, mais je vais faire des pélerinages, le faire prier".

Ici, l’expression des croyances parentales renvoient à un code langagier bien précis qui n’est pas obligatoirement compris de tous. Les termes "s’occuper sérieusement" et "faire des sorties" (par exemple, pour les examens) sont bien ancrés et inébranlables dans la culture guadeloupéenne.

Aussi, de même que le lexique de la santé prend en compte des expressions telles : "j’ai pris un saut" ou encore "j’ai un blessé" qui ne sont pas forcément comprises de tous, le lexique de la croyance magico-religieuse dans son rapport avec l’école n’aurait-il pas ici sa place ?

Au niveau des enseignants

Selon les notations relevées, pour parler d’échec scolaire, ils se réfèrent aux critères institutionnels et emploient des mots tels que : redoublement, évaluation, compétences non acquises. Faisant référence aux discours parentaux, certains enseignants n’y adhèrent pas et peuvent vous dire :

- "Je ne fais pas ces magies-là !"

- "Je ne sais pas trop… je ne m’occupe pas de cela".

Mais ce n’est pas toujours le cas, d’autres enseignants peuvent s’exprimer ainsi :

- "Avant, ma mère me donnait des bains démarrés, maintenant je prie beaucoup"

- "Ma grand-mère nous disait toujours que les gens sont jaloux et méchants, il faut se protéger contre la sorcellerie"

- "C’est bon de donner un bain de feuillages à l’enfant…"

En effet, un enseignant ne parle pas de magico-religieux, ce serait faire preuve d’irrationalité.

Deux situations se présentent alors :

- Pour les enseignants qui n’y croient pas, il serait bien qu’il y ait une formation pour apprendre le code spécifique de l’expression de certaines croyances et ce, en vue de mieux connaître les enfants qui leur sont confiés et éviter ainsi d’être méprisant vis-à-vis d’eux ou encore d’avoir un comportement hermétique.

- Pour ceux qui y croient, face à la littérature ou la philosophie, l’élève peut être confronté au monde des croyances où l’on parle de diable, diablesse ou "soucougnan", ce monde qui fait partie du pays où l’on évolue . Dans ce cas, sachant qu’on ne doit jamais priver l’individu de son imaginaire, quelle attitude l’enseignant doit-il avoir (c’est l’une des questions qui nous sont posées lors des formations en LCR et au CAPES créole).

2. EXPLICATIONS SOCIALES

S’agissant des acteurs, ils tentent de résoudre certaines épreuves rencontrées en s’inscrivant dans une histoire sociale et dans un cursus culturel qui renvoient à la classe sociale à laquelle ils appartiennent.

Ainsi, en vue de résoudre leurs problèmes, ils fonctionnent en mettant en œuvre deux aspects de la culture traditionnelle :

- la culture traditionnelle créole avec ses "ben démaré", ses "sorties" chez le " gadédzafè" mais aussi ses "termes spécifiques" ,

- la culture traditionnelle religieuse avec les pélerinages, les prières qu’ils adressent à des Saints bien précis pour qu’ils les protègent des jaloux ou pour qu’ils combattent les méchants.

Ces deux manières de considérer la culture en société créole les soulagent dans le sens où elles aident à transformer la représentation qu’ils ont du monde, particulièrement du monde scolaire. La combinaison possible de la religion et des croyances magico-religieuses ainsi que leur influence dans la culture populaire sont décelées dans les discours qui renvoient à la famille, mais aussi aux " gadédzafè" (spécialistes traditionnels). L’efficacité du résultat de la croyance tient du fait que les acteurs adultes restaurent autour de l’enfant en échec scolaire le monde magique qu’ils se créent et qui finit par les tourmenter.

Bien que d’origines différentes, les croyances ont une structure commune, et les acteurs interviewés demeurent les témoins précieux des "interprétations" que nous avons pu tirer de l’ensemble du monde créole et du groupe des relations qui se nouent autour du malheur. Leurs messages nous ont permis de tenter de mieux ausculter les réalités culturelles cachées au sein du milieu scolaire de la société guadeloupéenne et de découvrir la mise en place d’une dynamique culturelle.

Considérant l’ensemble des déclarations et comportements de la population concernée, nous nous rendons compte que la question du magico-religieux en Guadeloupe repose en grande partie sur la représentation culturelle et la valeur éducative de la croyance magique, avec des répercussions possibles en milieu scolaire (ex : "ne pas prêter ses affaires de classe", "ne pas travailler avec l’autre").

Chez les enseignants, la construction de sens des représentations et des compétences interprétatives magico-religieuses s’inscrit dans un premier temps dans un caractère ignorant, mais si on poursuit la conversation en laissant entendre que l’on est au courant de certains faits magico-religieux possibles, alors les langues se délient. En apparence, nul ne connaît rien sur la magie en milieu scolaire, mais du plus profond de soi-même, chacun peut en parler au moment où il le veut et de la manière dont il le ressent. C’est un comportement qui permet de dire que les enseignants en parlent, et quelquefois sans même s’en rendre compte. C’est ce qui nous permet d’avancer qu’ils passent d’un registre naturel à un registre magique en utilisant des mots ou expressions utilisés par les autres adultes : c’est la résonance archétype d’un code commun légué par les anciens.

Ces observations nous conduisent à terminer ce chapitre en posant la question suivante : quel message culturel la Guadeloupe transmet-elle à ceux qui, pour répondre à une préoccupation scolaire ou autre, mettent en place des stratégies cachées auxquelles il serait temps de tenter de donner une réponse basée sur la représentation, ou encore la question du sens ? C’est elle qui sûrement nous renverra directement aux vrais enjeux du milieu scolaire étroitement liés à la dynamique sociale immédiate et… future.

3. PERSPECTIVES EN MILIEU SCOLAIRE

L’intérêt d’une telle recherche nous renvoie au fait que le phénomène du magico-religieux, dans la phase de sa connaissance parlée et culturelle mais aussi dans la compréhension de son application, ne saurait se faire sans conséquences sur les mentalités et les comportements de l’ensemble des acteurs du milieu scolaire. En effet, le combat de ceux qui appliquent, le plus souvent en cachette, les pratiques magico-religieuses n’est autre que celui de ceux qui mènent un combat identitaire et ce, à des niveaux et des manières différentes.

Si certains se défendent dans le sens où ils oeuvrent pour la réussite, d’autres se défendent dans le sens où ils cherchent avant tout la protection. L’attitude des enseignants, s’inscrivent dans le modèle instauré par le système (la promotion sociale) tandis que les autres, tels les parents, s’opposent et luttent à leur manière, souvent par ignorance, contre le système scolaire.

Juste avant de terminer, j’aimerais rappeler un passage du discours du Président de la République, M. Jacques Chirac, prononcé le 30 janvier 2006 au Palais de l’Elysée : "La grandeur d’un pays, c’est d’assumer toute son histoire, avec ses pages glorieuses, mais aussi avec sa part d’ombre… C’est ainsi qu’un peuple se rassemble, qu’il devient plus uni et plus fort". De même, dans le cadre du séminaire du 24 avril 2006 dont le thème était "Enseigner la traite et l’esclavage aux Antilles", le Recteur de l’Académie de Guadeloupe, M. Alain Mïossec, demandait aux enseignants de ne négliger aucun paramètre qui s’inscrit dans la construction de l’élève même quand il s’agit de religion, de magie ou encore de sorcellerie.

Nous pensons donc que la conscientisation de la réalité scolaire dans son aspect caché est nécessaire et qu’elle devrait permettre à certains comportements d’être dépassés progressivement pour une meilleure et plus grande réussite des élèves.

Pour terminer, nous disons que prendre en compte des facteurs sociaux et se fixer comme objectif sa prise en considération dans la formation des enseignants, aideront sûrement les acteurs concernés à changer ; il ne s’agit pas de nier totalement la culture mais plutôt de créer les conditions du développement culturel du magico-religieux dans un espace donné. Et pourquoi pas celui de l’école ? C’est ce développement culturel qui à son tour deviendra le moteur de l’évolution des changements socioculturels. Ainsi, le problème de l’échec scolaire traité dans l’école autour des enjeux éducatifs et politiques avec une perspective culturelle permettrait de mieux comprendre l’existence possible de deux mondes (magique et rationnel)…

Références bibliographiques

 

Revue des Sciences Sociales de la France de l’Est

RAUZDUEL. R., 1999, Esclavage, religion et acculturation aux Antilles Françaises, N° 26, pp. 136-143, Laboratoire de sociologie de la culture européenne, Université Marc Bloch-Strasbourg.

FLAGIE A., Comprendre la dynamique de la famille antillaise pour mieux aider les enfants. Conférence du 07.01.1994 à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), Autrement.

JACOBY-KOALY M.-H., Le fonctionnement scolaire à l’épreuve du magico-religieux : la question du sens d’une réalité culturelle dans le contexte guadeloupéen, Thèse de doctorat.

Ouvrages généraux sur l'éducation

DE GAULEJAC V., 1975, Projet parental, Paris, Editions de minuit.

DEROUET J.-L., 2000, L’école dans plusieurs mondes, Boeck Université IMRR, Liège.

LAUTREY J., 1980, Classes sociales, milieu familial, intelligence, Paris, PUF.

Histoire et anthropologie des sociétés antillaises

BENOIST J., 1993, Anthropologie médicale en société créole, Paris, PUF.

DELISLE P., 2000, Histoire religieuse des Antilles et de la Guyane Françaises. Des chrétientés sous les tropiques ? 1815-1911, Paris : Karthala.

RELOUZAT R., 1989, Le référent ethno-culturel dans le conte créole, Paris, l’Harmattan Schoelcher-Presses Universitaires créoles.

TOUREH F., 1986, L’imaginaire dans l’œuvre de Simone Schwarz-Bart, Paris, L’Harmattan, Coll. Recherches et Documents Monde Antillais.

Le magico-religieux dans la littérature

CORZANI J., 1989,  "La magie dans la littérature antillaise", Les Cahiers de l’Hermétisme : magie et littérature, Paris, Albin Michel.

LETI G., 2000, L’univers magico-religieux antillais, Paris, L’Harmattan.

MIGEREL H., 1991, La sorcellerie des autres : "une pathologie de l’envoûtement", Ed. Caribéennes, Paris.

Ouvrages généraux de sciences humaines

GIRARD R., 1981, Des choses cachées depuis la fondation du monde, Paris, Grasset.

HARPIN S., 1985, Ecole, Magie et  Imaginaire, Dépôt légal, Fort-de-France,

JEAN G., 1979, Les voies de l’imaginaire enfantin, les contes, les poèmes, Paris, Editions du Scarabée.

JODELET D., 1993, Les représentations "image trompeuse du réel", N°27 Avril.

NATHAN T., 1994, L’influence qui guérit, Editions Odile Jacob, Paris.

WIEVORKA M., 1997, Une société fragmentée ? Le multiculturalisme en débat, Paris : La Découverte.

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