Ce blog est créé depuis le début de la grève du 5 février 2009 en Martinique et je n’ai rien d’autres à faire que de mettre en ligne des informations diverses ! Vous y trouverez de tout, de l’actualité concernant les départements français d’Amérique et bien d’autres choses !
franceantilles.fr 23.03.2009
Pour la troisième année consécutive, la délinquance « du coin de la rue » a continué à diminuer. Un phénomène inquiétant apparaît cependant : les violences aux personnes…
2008 restera une année contrastée pour la délinquance à la Martinique. Après deux années de baisse, la délinquance générale a repris une courbe croissante. Au total, 22 814 faits ont été constatés l’an passé, soit 870 de plus qu’en 2007.
Mais cette hausse n’est pas forcément négative. « Il faut relativiser cette augmentation par le travail d’initiative des services de police et de gendarmerie », tempère Marie Aubert, la directrice de cabinet du préfet. Ainsi, comme l’a demandé la ministre de l’Intérieur, de l’Outre-mer et des collectivités territoriales, Michèle Alliot-Marie, un accent tout particulier a été mis sur les escroqueries et les infractions économiques et financières, en hausse de 30 %. La lutte contre les stupéfiants continue également d’être une préoccupation majeure dans l’île avec + 44,32 % des faits enregistrés.
En clair, selon les autorités, si la délinquance générale a augmenté, c’est parce que les forces de l’ordre ont mis le paquet en 2008. « Le taux d’évolution des affaires (+ 31 %) est à un niveau jamais atteint », se félicite la préfecture. « Cela traduit l’effort de la police et de la gendarmerie pour se réapproprier le terrain. »
Autre motif de satisfaction, la baisse de la délinquance de proximité, pour la troisième année de suite (- 5,15 % ). La « délinquance de proximité », comme son nom l’indique, c’est celle qui nous touche de plus près, la délinquance au coin de la rue. Elle regroupe entre autres, sous cette appellation générique, les cambriolages (- 8,17 %), les vols à la tire (- 6, 02 %), les vols à la roulotte (- 7,59 %), les dégradations et destructions (- 6,79 %)…
Enfin, un dernier point positif : le taux d’élucidation des affaires qui reste excellent et de dix points supérieur à celui de l’hexagone. « Plus les affaires sont graves, plus le taux d’élucidation est bon », se félicite Claude Bellenger, le procureur de la République, qui reconnaît que cela peut parfois créer un embouteillage des audiences au palais de justice. Pour donner un ordre d’idée, près de 70 % des affaires criminelles ont été résolues en 2008.
Pas question pourtant, de voir la vie en rose du côté des autorités. Traditionnellement décrite comme très violente, la délinquance martiniquaise n’a pas failli à sa réputation en 2008. « Le point le plus préoccupant reste les violences aux personnes », en hausse de 4,01 %, constate la directrice de cabinet du préfet. « Les violences crapuleuses (avec intention de voler) et non crapuleuses augmentent en métropole également. C’est une constante depuis plusieurs années », abonde le procureur.
À noter aussi, la forte progression des agressions à caractère sexuel (+ 16,18 %). Enfin, et c’est malheureusement une triste rengaine, les violences conjugales conservent une place de choix dans l’ensemble des statistiques de la délinquance. « Même si, comme le relève un enquêteur, il est bien difficile de savoir s’il y a davantage de faits ou si les victimes en parlent plus grâce aux campagnes de sensibilisation ».
Des chiffres et des interprétations…
« Les chiffres, on leur fait dire ce qu’on veut. » Cette affirmation d’un responsable de l’autorité publique prend tout son sens en étudiant les statistiques présentées chaque année. Ainsi, plus une brigade ou un commissariat développe des affaires d’initiative, plus le nombre de faits constatés sera important et plus on dira que la délinquance augmente. Y a-t-il pour autant plus de délinquance ?
Même chose pour le taux de criminalité. D’une année sur l’autre, de sérieuses évolutions peuvent intervenir. Pourtant, une commune qui a enregistré davantage de faits peut avoir un taux de criminalité en baisse quand la population a augmenté elle aussi de façon conséquente.
Enfin, sur de très petits chiffres — peu de faits constatés— à Grand-Rivière ou au Macouba par exemple, le taux d’évolution, respectivement + 80 % et - 58 % demeure très peu significatif.
Comment ça marche ?
Rappelons que tous les chiffres qui figurent dans les tableaux des communes nous ont été communiqués par la police nationale (pour Fort-de-France et le Lamentin) et par la gendarmerie nationale (pour toutes les autres communes). Ils recensent les dépôts de plainte et les affaires constatées par les forces de l’ordre.
Les chiffres départementaux ont été communiqués par la préfecture et intègrent d’autres service d’enquête (Police judiciaire, Police aux frontières, OCRTIS).
Pour établir un classement permettant de comparer une capitale comme Fort-de-France à des communes de taille plus modeste, nous avons calculé le taux de criminalité. Un rapport entre le nombre de faits constatés et le nombre d’habitants. C’est sur cette base (exprimé en nombre de faits pour mille habitants) que la classement général a été établi.
Le même principe a été retenu pour les cambriolages et les vols à la roulotte.