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Ce blog est créé depuis le début de la grève du 5 février 2009 en Martinique et je n’ai rien d’autres à faire que de mettre en ligne des informations diverses ! Vous y trouverez de tout, de l’actualité concernant les départements français d’Amérique et bien d’autres choses !

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Un essor démographique récent dans la Caraïbe

Un essor démographique récent : reflet des homogénéités et des divergences des populations

Les observations qui sont faites sur l’espace caribéen reprennent généralement une configuration qui donne lieu à un regroupement en trois ensembles distincts constitués de la bordure continentale, des Grandes Antilles et des Petites îles de la Caraïbe ; d’autres observateurs ou scientifiques s’intéresseront à une classification d’un tout autre ordre en affichant  leur positionnement et leur déduction sur des ensembles linguistiques (l’aire linguistique associée à la langue de Miguel de Cervantès est majoritairement représenté et souvent confrontée à l’environnement anglophone, francophone et Néerlandophone). D’autres encore s’appliqueront à mettre en avant une approche qui prendra en considération des aspects politiques à travers la souveraineté ou la dépendance vis-à-vis d’un autre État.

L’espace étudié comprend les petits espaces insulaires limités par le passage d’Anegada à proximité d’Anguilla jusqu’aux îles sous-le-vent proches du Venezuela en y incluant l’État le plus méridional des Petites Antilles, Trinidad-et-Tobago.

S’il est certain qu’une grande partie des États de la Caraïbe ont une histoire commune au travers d’un passé coloniale qui semble avoir laissé des traces indélébiles dans l’esprit d’un grand nombre, l’évolution démographique de ces dernières décennies n’est pas toujours homogène suivent l’angle choisi pour cette approche avec des variations importantes d’une État à l’autre. Une typologie peut être faite dans le cadre d’une analyse de l’évolution démographique des trois entités (continentale, Grandes et Petites Antilles) ou des observations et des facteurs explicatifs sont clairement identifiés, cette approche est parfois plus délicate lorsque l’on se cantonne aux petits États insulaires de la Caraïbe.


1- Un regard sur l’évolution démographique de la Caraïbe de 1960 à 2005

Avec une superficie totale qui dépasse timidement 10000 km² pour une population qui s’élève à 3,5 millions d’habitants en 2005, ces petits États de la Caraïbe ont une densité moyenne qui atteint 265 h/km² avec des extrêmes allant de 78 h/km² pour l’île néerlandaise de Bonaire a près de 800 h/km² pour l’île de Saint-Martin dont la souveraineté se partage entre la France et les Pays-Bas (Figure 1). L’observation des densités de population à l’échelle considérée ne permet pas en revanche de vérifier une corrélation entre la superficie de ces États insulaires et la densité ; l’exemple pris par D. Pumain en 1992 sur le rapport entre la superficie des circonscriptions administratives et la densité ne se reflète pas à notre échelle. Néanmoins, en choisissant un espace plus large qui intégrerait l’ensemble de États insulaire  et continentaux de la Caraïbe, se rapport pourrait aisément être mis en exergue à travers une densité plus marquée dans les espaces insulaires

Depuis le début des années 1960 la croissance démographique des îles de la Caraïbe est très différente d’un État à un autre avec des cas que l’on peut aisément isoler par des valeurs pour le moins intéressantes. En effet, deux extrêmes se partages ces statistiques démographique entre Montserrat qui enregistre une croissance négative de - 58,3 % de 1960 à 2005, soit une croissance annuelle de -1,06 % et Aruba qui a vu sa population doublée sur la même période. De 1960 à 1980 la faible croissance démographique de cette île est en partie liée aux faibles perspectives économiques offertes aux montserratiens qui poussaient certains d’entre eux à émigrés vers la Grande-Bretagne notamment (S. W. Meditz ; D. M. Hanratty, 1987) ; la succession de catastrophe naturelle comme l’ouragan Hugo en 1989 qui dévasta l’île et les éruptions du volcan de la Soufrière, notamment celles de 1995 et 1997 qui entraina un véritable bouleversement économique et social. Près des 2/3 de la population ont quitté Montserrat pour les îles voisines comme Antigua mais aussi pour le Royaume-Uni (The World Factbook, 2006). La croissance de la population sur l’île de Saint-Kitts-Et-Nevis est également négative avec une variation annuelle de -0,29 % sur la période 1960-2005 ; contrairement à Montserrat où un phénomène naturel est en grande partie responsable d’une diminution de la population, le cas des Kitticiens et Néviciens s’explique plus précisément par un déclin de la production historique avec notamment une fermeture de la compagnie sucrière d’État Kitticienne en juillet 2005 mais aussi par les dégâts liées aux passages d’ouragans sur l’île. L’émigration est très importante sur cette île ou depuis les années 1970 presque 20 % de la population quitte cette ancienne colonie britannique à la recherche d’emplois dans des pays tels que le Canada, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis ou encore les autres espaces insulaires de la Caraïbe (S. W. Meditz ; D. M. Hanratty, 1987). 

Les îles d’Anguilla, de Sainte-Lucie ou encore Aruba par exemple, sont au contraire des espaces dont la population a presque doublée sur la période choisie. La population anguillaise et arubaise a été ainsi multipliée par deux de 1960 à 2005 avec une croissance annuelle qui oscille entre 1,8 et 1,9 % ; avec Sainte-Lucie, qui présente une variation de 1,43 %/an, ce sont les taux de croissance les plus élevées des espaces observés. Bien que ces trois États présentent des taux de croissance relativement homogène sur la période déterminée, il est toutefois possible de mettre en exergue des aspects divergents au sein des exemples que nous venons de prendre. Cette variation de la population n’a pas été constante d’une décennie à l’autre ; pour ne prendre qu’un exemple, de 1970 à 1980 la croissance de la population arubaise est de 5,3 %, 10 % pour la décennie suivante et 39,4 % pour la tranche 1990 à 2000.  Ce pays présente de forts attraits avec son secteur financier qui positionne en véritable paradis fiscal, mais aussi d’autres secteurs ; le tourisme a fait office de véritable stimulant pour l’économie arubaise notamment dans la construction au milieu des années 1980. Autant d’éléments associés à une politique stable qui permettent de mieux cerner la croissance arubaise des années 1990 avec des secteurs d’activités représentant une source d’emplois et de revenus importants (S. W. Meditz ; D. M. Hanratty, 1987 ; The World Factbook, 2006). Toutefois, une forte croissance démographique n’est pas forcément un signe de prospérité économique ou encore de stabilité politique. En plus de quarante ans, la population sainte-lucienne a connu une croissance annuelle de 1,43 %, passant de 90000 habitants en 1960 à près de 161000 habitants en 2005 ; le produit intérieur brut est quant à lui en-dessous de la moyenne des États de l’espace Caraïbe. Si l’évolution démographique des États insulaires de la Caraïbe, qu’ils soient indépendants ou non, présente des aspects convergents avec une croissance démographique de 0,56 % en 2005, on retiendra que ces comportements n’ont pas toujours une explication comparable et que des extrêmes sont fréquemment observables. L’insularité demeure toutefois un facteur limitant pour la croissance démographique au regard des exemples continentaux voisins qui affichent des  taux bien plus élevé dans certains cas ; la République Dominicaine enregistre une croissance moyenne annuelle de 3,9% de 1960 à 2005 (The World Factbook, 2006).

On observe un ralentissement de la croissance de la population des îles de Petites Antilles d’une décennie à l’autre ; de 1980 à 1990, le taux de croissance annuelle moyen était de 1,08 % contre 0,65 % pour la décennie suivante ce qui correspond à une augmentation de près de 190000 habitants (The World Factbook, 2006).

La transition démographique de ces îles a commencé depuis quelques  décennies maintenant et sa rapidité permet de faire une différenciation avec les variations spatiales des natalités et des mortalités dues aux évolutions démographiques distinctes des pays développés. Ainsi, le ralentissement de la croissance démographique des Petites Antilles peut donc être mis en relation avec une transition démographique avancée  pour la plupart de ces États insulaires. L’État qui déroge à cette règle dans la Caraïbe se trouve dans la partie ouest de l’île d’Hispaniola ; Haïti enregistre des natalités et des mortalités élevés avec un taux de croissance annuelle moyen modérée de sa population. La transition démographique est donc belle et bien amorcée dans la plupart des États de la Caraïbe se traduisant par une baisse de la mortalité infantile et une diminution de moitié des taux de mortalité entre les décennies allant de 1980 à 2000 (Castillo-Salgado, 2000).

La mise en place de programme de santé et leur modernisation ont permis à de nombreux États de réduire significativement certains indicateurs tels que la fertilité mais aussi la mortalité (Sanders T.G, 1983) ; des îles comme la Barbade, la Martinique ou encore Aruba sont dans une phase de transition achevée et même en période post-transitionnelle pour certains avec des indicateurs démographiques faibles. Sainte-Lucie et Grenade enregistrent des taux de natalité supérieurs à 20 ‰ avec une population de moins de 15 ans qui est respectivement de 30,3 % et 33,9 %, mais c’est Trinidad qui affiche des indicateurs les plus élevées dans l’ensemble, notamment concernant la mortalité juvénile et infantile (The World Factbook, 2006) (figure 2). Trinidad et Tobago ont bénéficié très tôt de programmes de santé publiques et d’une amélioration du système sanitaire ce qui a permis dès les années 1930 de réduire considérablement le taux de mortalité de ces îles ; la croissance démographique n’a cependant été maitrisée qu’à partir des années 1960 (Sanders T.G, 1983). Ce type de décalage est observable sur d’autres îles avec une période transitoire d’une trentaine d’année entre la réduction de la mortalité et la mise en place d’un programme de planning familial visant à réduire la natalité. Les taux de natalité élevé que l’on retrouve sur l’île de Sainte-Lucie sont à l’origine d’une forme de pression qui s’exerce au sein même de cette espace avec une migration interne des zones rurales vers la capitale avec un taux de chômage proche des 20 % en 2005 et un secteur d’activité informelle important ; l’émigration a souvent été considérée comme un moyen qui permettrait une réduction de ces difficultés (U.S. Library of Congress).

Toutefois, les États non-indépendants ont connu une transition démographique soutenue par des efforts émanant de la métropole ce qui favorisera une transition plus rapide avec une croissance démographique modérée plus précoce que certains de leurs voisins indépendants ; ces efforts sont liées le plus souvent à une amélioration des infrastructures sanitaires de ces petits États sans oublier pour autant les limitent imposées par l’insularité en matière de croissance démographique (INSEE, 2004).

L’émigration joue un rôle important pour la plupart de ces îles dont le taux de migration est souvent négatif avec certaines îles accusant un taux d’émigration nette de -13,25 ‰ en 2005 ; la Grenade, la Dominique, Trinidad ou encore Saint-Vincent font parties des îles présentant un taux d’émigration nette le plus fort (figure 2). Ces données migratoires ont une forte influence sur les comportements démographiques de ces entités insulaires avec notamment une réduction de main-d’œuvre pour les États affichant un fort taux d’émigration et des difficultés d’un ordre plus social (chômage, différents ethniques, etc.) pour ceux qui accueillent ces migrants. Le Royaume-Uni, les Etats-Unis et le Canada sont les pays les plus soumis à l’émigration des petits États insulaires Anglophones ou on peut y voir un rapprochement linguistique.  D’autres indicateurs peuvent être observés au sein de cet ensemble insulaire tel que le développement humain à travers l’IDH (indice de développement humain) mais aussi le PIB (produit intérieur brut) et le temps de mortalité infantile qui sont de bons indicateurs de développement.

L’IDH est l’indicateur de développement humain le plus fréquemment utilisé afin de réaliser une estimation du niveau de développement d’un pays. Toutefois, d’autres indicateurs peuvent être mis en relation dans le but d’affiner certains constats voire certaines corrélations entre PIB/hab. et mortalité infantile par exemple. S’il est vrai que l’IDH est un bon indicateur de développement, il n’empêche que le PIB fait parti des indices pris en compte dans le calcul de l’IDH et cet indice n’est pas exempte de défaut ; il n’est pas rare que le PIB soit détenu par petite part de la population et il n’est de ce fait pas représentatif de l’ensemble. C’est pour cela qu’il est possible d’observer le développement des pays définis à partir de l’IDH et du PIB/hab., mais aussi en prenant d’autres indices et en les confrontant, tel que la consommation électrique annuelle.

La plupart des îles de Petites Antilles présentent un IDH supérieur à la moyenne mondiale en 2002 et plus de la moitié d’entres elles ont un indicateur supérieur à la moyenne de l’Amérique Latine et de la Caraïbela Grenade se retrouvent en-dessous de cette dernière moyenne (figure 3). L’absence de données pour certaines îles (Anguilla, Aruba et Montserrat) ne permet pas de faire une analyse de complète mais ont peut néanmoins faire le constat de certains écarts qu’il s’agisse de l’IDH, du PIB, du niveau de chômage ou encore de la consommation électrique par habitant. Des îles qui ont été isolées lors de l’approche sur la transition démographique se retrouvent une nouvelle fois parmi le groupe d’île ayant un IDH le plus faible. pour la même année ; Saint-Vincent, les Antilles Néerlandaises et

Trinidad-et-Tobago, Saint-Kitts ou encore la Barbade ont un IDH supérieur à 0,8 et peut être considéré comme une valeur élevée correspondant en général aux indices que l’on retrouve dans les pays développées. Pourtant, ces îles ont un PIB/hab. qui est inférieur à 9000 $ en 2002, soit la moitié du PIB/hab. de la Martinique pour la même année (INSEE, 2004). L’intégralité des îles observées ont un IDH supérieur à la moyenne mondiale avec un PIB/hab. qui atteint juste 2900 $ pour des îles comme Saint-Vincent et les Grenadines pour être multiplier par 10 dans le cas d’Aruba qui affiche un PIB/hab. de près de 21800 $ en 2004 (The World Factbook, 2006). La consommation électrique par habitant à Saint-Vincent fait partie des plus basses 88,35 kWh/h contre 716,1 kWh/h pour l’île d’Aruba, soit une consommation huit fois plus importante pour une population qui est inférieure de moitié. Dans d’autres cas, l’IDH peut s’expliquer par des aspects économiques particuliers comme un développement important du tourisme qui représente près de la moitié du PIB de l’île d’Antigua et Barbuda ; Trinidad est également un cas original avec un secteur industriel très développé qui lui permet de se positionner en principal producteur de pétrole et de gaz des Caraïbes et influence ainsi fortement le PIB de cette île. En revanche, Trinidad accuse un taux de mortalité infantile le plus élevé avec 24,31 ‰ et près de 21 % de la population en dessous du seuil de pauvreté ; la Dominique et la Grenada affichent des taux respectivement de 30 et 32 % de leur population vivant en dessous du seuil de pauvreté.

La faiblesse de l’IDH a souvent pour corolaire celle du PIB ce qui reflète un manque de dynamisme de l’activité économique qui dépend souvent d’un secteur agricole faiblement diversifié et fortement vulnérable aux aléas climatiques. L’IDH est néanmoins supérieur à la moyenne mondiale grâce aux efforts réalisés dans les domaines sanitaires et de l’éducation avec des indices de longévité ou de scolarité corrects dans l’ensemble ; le taux d’alphabétisation moyen étant de 93 % en 2002.  En revanche, les îles ayant un IDH supérieur à 0,8 correspondent dans bien des cas à des ensembles qui ont diversifiés leur économie avec notamment l’activité touristique mais aussi des services financiers, tel qu’un système bancaire offshore. C’est le ca de Saint-Kitts et Nevis dont les revenus liés au tourisme constitue la principale source de devise étrangère ou encore la Barbade avec ces services financiers qui jouent un rôle très important dans l’activité économique de l’île. Toutefois, la répartition de ces richesses n’est pas toujours équitable et ces revenus liés au tourisme et aux services financiers bénéficient souvent à une mince couche sociale de la population (U.S. Library of Congress). Ainsi, s’il existe des évolutions contrastées en terme démographique, cela ce vérifie également sous l’angle économique.    

Il s’agit des États retenus pour cette approche géographique et non de l’ensemble des îles de la Caraïbe qui représente 25 États et territoires insulaires regroupant près de 38 millions d’habitants en 2002 (INSEE).

A titre d’exemple, la densité de la population en Guyane française est de 2 h/km², 626 h/km² à la Barbade et 1529 h/km² aux Bermudes en 2002 (INSEE). Le seul État situé sur un continent à avoir une densité relativement plus forte est le Salvador qui atteint 350 h/km².

En 1998, l’ouragan George causa pour 445 millions de $ de dégâts.

De 1960 à 2005, la population arubaise et anguillaise sont passées respectivement de 49000 à 99000 habitants sur l’île d’Aruba et de 6000 à 12000 habitants pour Anguilla (World Population Prospects, ONU, 2004).

Le PIB/hab. moyen dans l’espace Caraïbe en 2002 s’élève à 9487 $/hab. Celui de Sainte-Lucie est de 3771 $/hab. Le PIB le plus élevé étant celui des îles Caïmans (48742 $/hab.) et le plus faible est celui d’Haïti avec 354 $/hab. (INSEE 2004).

Ce type de programme fut mis en place par le Ministère de la santé et le Conseil National de la Population pour le cas de Trinidad en 1967 (Ministry of Health, and the National Population Council) (U.S. Library of Congress).

Il s’agit de la quantité d’électricité produite annuellement et exprimée en kilowatts par heure. Ces données sont indiquées en million, il faut donc lire pour 88,35 kWh/h, 88 350 000 kilowatts par heure. 

La définition du seuil de pauvreté change d’un pays à l’autre en fonction de la richesse du pays. Un pays riche aura tendances à utiliser des normes plus généreuses pour cette définition contrairement à un pays plus pauvre. 

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