Ce blog est créé depuis le début de la grève du 5 février 2009 en Martinique et je n’ai rien d’autres à faire que de mettre en ligne des informations diverses ! Vous y trouverez de tout, de l’actualité concernant les départements français d’Amérique et bien d’autres choses !
En voulant faire une approche regroupant les indicateurs convergeant entre les îles de la Caraïbe on constate que l’histoire est un des éléments les plus semblable mais qu’il en tout autres pour ce qui est de l’évolution de ces petits États insulaires. Les divergences sont nombreuses d’une île à l’autre entre adaptation économique avec une diversification des secteurs d’activité pour certaines et des industries moribondes pour d’autres qui se voient même dans l’obligation de fermer définitivement. L’industrie sucrière, reflet emblématique d’une histoire coloniale pour les uns et douloureux passé pour les autres, est un secteur d’activité qui connaît de grands bouleversement depuis ces dernières années et est un bon élément de comparaison entre les Etats insulaires qui ont su développer leur secteur d’activité tout en poursuivant leur lutte contre le chômage et d’autres Etats ou cette transition est plus difficile et même très fragile (CTA's Spore bulletin, 2006).
Les faiblesses et la fragilité des secteurs économiques de certaines îles ont une incidence sur les populations de ces Etats de la Caraïbe, conduisant certains d’entre eux à l’émigration dans le but de rejoindre des pays plus développé.
Les écarts de richesses sont importants au sein de ces Etats insulaires de la Caraïbe avec un PIB en 2002 qui oscille de 2737 $ à Saint-Vincent et les Grenadines à 19884 $ sur l’île d’Aruba ; les arubais sont donc sept fois plus riches qu’un saint-vincentais (PIB/Hab. en 2002 INSEE, 2004). Avec une moyenne de 8927 $, plus de la moitié des Etats étudiés sont en-dessous de cette valeur et cette faiblesse de l’activité économique est bien souvent liée à un manque de diversification des secteurs d’activités pour prendre cet exemple mais aussi à leur vulnérabilité face aux aléas naturels.
L’île de la Barbade possède un PIB/Habitant proche de la moyenne que nous avons établit pour l’année 2002 mais la croissance économique de cette île est positive pour l’année 2005, ce qui s’explique en partie par un regain de l’activité touristique liée notamment à une amélioration de la conjoncture économique de ces principaux clients États-Uniens et européens (The World Factbook, 2006). Comme la plupart des États ayant le secteur du tourisme dans sa production, la Barbade a dû faire face au contre coup des attentats du 11 septembre 2001 qui ont touché les États-Unis ce qui fragilisa l’économie Barbadienne en 2002 et 2003 ; le gouvernement Barbadien réussi tout de même à redresser l’économie en s’appuyant toujours sur une diversification de l’industrie, l’activité touristique en organisant notamment des activités sportives internationales mais aussi avec le développement de service financiers qui constituent les principales sources de devises étrangères. En 2006, le gouvernement Barbadien annonça au Sandy Lane Beach Hotel qu’il accueillerait la coupe du monde de golf mais également des championnats de criquet et bien d’autres événements sportifs pour 2008 et 2009 ; ceci correspondant aux efforts du gouvernement de l’île pour le développement et la diversification de l’économie. Cette politique économique et cette diversification des activités qui commença en 1990 permet aujourd’hui à cette île de renouer avec la croissance qui demeure néanmoins fragile, en témoigne les événements du 11 septembre 2001 qui ont eu une incidence sur les revenus touristiques de nombreux pays (Best, T, 2006 ; The World Factbook, 2006).
De nombreux États insulaires de la Caraïbe ont fait le choix de la diversification de leur économie face au déclin du secteur agricole, un chômage important et une population en constante évolution ; l’activité touristique est dans bien des cas une des principales sources de devises étrangères avec les paradis fiscaux et autres zones franches bien souvent associés à des services plus occultent tels que le blanchiment de l’argent sale. Saint-Kitts et Nevis a vu ainsi son économie s’orienter vers le développement des activités touristiques et des services financiers qui jouent maintenant un rôle très important en terme de revenus étrangers ; les tentatives de diversifications de l’agriculture pour sortir de la monoculture de la canne n’ont pas eu les effets escomptés puisque l’industrie cannière, entièrement nationalisée des plantations aux usines, continuera à enregistrer des pertes et le gouvernement fermera définitivement la compagnie sucrière d’État en juillet 2005. Le tourisme devenant ainsi le principal secteur d’activité primaire (Encyclopædia Britannica. 2006 ; CTA's Spore bulletin, 2006).
La Dominique, Saint-Vincent-et-les-Grenadines et Saint-Kitts-Et-Nevis faisaient partis d’une liste de pays dont les dispositions anti-blanchiment des capitaux étaient insuffisantes en 2000 ce qui terni l’image et la crédibilité de ces États sur le plan internationale (Perspectives économiques, 2001). La Dominique et Saint-Vincent-et-les-Grenadines font d’ailleurs partis des États les plus pauvres de la Caraïbe avec un PIB/hab. très faible en 2002, respectivement 3291 $ et 2937 $ (INSEE, 2004). Toutefois, le tourisme et l’agriculture sont les principales sources de revenus pour ces deux îles avec près de 40 % pour le secteur agricole dominiquais particulièrement vulnérable aux phénomènes atmosphériques qui dévastèrent notamment ¼ des récoltes en 1994. L’économie de ce dernier pays est toujours en crise avec croissance qui est pour le moins marginale à 0,3 % et stimulée essentiellement par l’industrie touristique qui est en augmentation de 5 %, la construction qui progresse de 4,6 % et les ventes en gros et aux détails (Caribbean Development Bank 2003 in UNDP, 2002).
Les Antilles néerlandaises, les Antilles françaises et l’île d’Aruba accusent les plus hauts PIB/habitant en 2002 avec respectivement 12189 $, 17974 $ en moyenne aux Antilles françaises et 19884 $ (figure 4). Aruba a orienté son économie vers un développement des activités touristiques qui constituent une source importante de devises étrangères et cette croissance de l’industrie touristique profite également à d’autres secteurs d’activités tels que la construction. De plus, la prospérité de l’économie arubaise est associée dans une autre mesure au développement des services financiers (paradis fiscaux), au raffinage et au stockage du pétrole dont la raffinerie fut rouverte en 1991 ; cette source de revenus et de devises étrangers a donc fortement stimulé l’économie arubaise depuis ces dernières années (The World Factbook, 2006). L’économie des Antilles françaises est fondée sur l’industrie touristique, l’agriculture, l’industrie sucrière et rhumière mais aussi par une très forte représentation du secteur tertiaire ; une grande part des revenus liés au tourisme est d’origine métropolitaine dont elle dépend fortement.
Ces écarts de richesse d’une île à l’autre font l’objet d’une attention particulière depuis quelques années avec un objectif principal pour la Banque Caribéenne de Développement qui visait à réduire la pauvreté dans son plan stratégique de 2000-2004 qui est toujours un objectif primordial pour la plan stratégique actuel de 2005-2009 (Alfred, O. 2005).
La population caribéenne d’aujourd’hui est dans de nombreux cas fortement soumise à la pauvreté au sein de leur territoire respectif et cette détresse sociale est parfois associée à des carences économiques, mais aussi à une faiblesse de l’environnement économique de ces États insulaires face aux marchés internationaux. Les phénomènes naturels ont également un impact sur l’économie de ces territoires insulaires, ce qui contribue une nouvelle fois à un enlisement des problèmes sociaux de certaines populations caribéenne, comme c’est le cas pour la Dominique par exemple.
Le Commonwealth de la Dominique fait parti des pays dont la population est située entre 30 et 40 % au dessus du seuil de pauvreté avec d’autres îles telles que la Grenade (32 % en 1998), Saint-Kitts (31 % en 1999) et Nevis (32 % en 2000) suivi de Saint-Vincent et les Grenadines (38 % en 1995). Sainte-Lucie, Trinidad et Tobago et l’île d’Anguilla se situes entre 20 et 29 % ; la Barbade affiche un taux de pauvreté de 14 % en 1997 (Alfred, O. 2005 ; Country Poverty Assement, 2003, p. 71).
La part de la population Dominiquaise vivant en dessous du seuil de pauvreté représente 40 % de la population totale et concerne près de 29 % des ménages ; ces indicateurs sociaux sont le reflet d’un environnement économique en crise accusant une diminution constate des productions de banane et une relative stagnation des autres secteurs d’activités. Cette misère concerne près d’un enfant sur deux au sein du Commonwealth de la Dominique ou près de 37 % des ménages n’ont pas accès à l’eau courante et l’absence d’équipement sanitaire (toilette) est constatée pour 25 % des ménages (UNDP, 2002). L’île traverse de plus une crise de l’emplois avec un chômage important associé au poids de la dette du Gouvernement, autant d’élément qui accentuent la pauvreté au sein de ce territoire conduisant une partie de la population à émigrer pour d’autre pays dont 40 % des migrants vivent sur une autre île de la Caraïbe (Country Poverty Assement, 2003, p. 4). L’effondrement de la production de banane commence en partie vers la fin des années 1980 avec une production avoisinant les 70000 tonnes pour descendre en dessous des 30000 tonnes en 2000 ; les raisons de cette baisse de production, qui concerne d’autres îles comme Sainte-Lucie par exemple, est liée aux fluctuations des marchés européens mais aussi aux effets dévastateurs des ouragans qui traversent ces territoires en affectant considérablement les productions agricoles (Country Poverty Assement, 2003, p. 5). Ainsi, la fréquence des phénomènes cycloniques permettrait d’expliquer la stagnation de l’indice de pauvreté dans le cas de Saint-Kitts depuis les années 1990 ; en 2004, l’ouragan Ivan dévasta la Grenade plongeant ainsi sa population dans une détresse économique et sociale en anéantissant plusieurs années de progrès réalisés en quelques heures (Alfred, O. 2005).
Bien que la pauvreté semble être plus importante au sein des espaces ruraux, elle est tout de même moins perceptible que dans les villes où elle se manifeste de façons plus visible et même parfois avec plus de violence. Au sein des espaces ruraux, le manque d’équipements, de services et surtout les difficultés d’accès au réseau électrique, l’eau potable ou simplement à des sanitaires seront les manifestations de cette misère (Alfred, O. 2005). Toutefois, les villes des Caraïbes accueillent une population de plus en plus importante et l’urbanisation de ces petits espaces est confrontée à de nombreuses enclaves telles qu’une superficie limitée, une densification de la population mais aussi l’accentuation de la ségrégation sociale, spatiale et économique.
Les îles de la Caraïbe ont des aspects historiques, culturels et géographiques partagées mais il existe tout de même un certains déséquilibres d’un point de vue économiques et démographiques. De façon générale, l’urbanisation concerne l’ensemble de ces îles avec une évolution néanmoins contrastée d’un État à l’autre ce qui vient conforter l’idée selon laquelle ces espaces insulaires demeurent divers malgré des expériences historiques et culturelles similaires (figure 5).
Les mutations socioéconomiques observées sur ces îles ont pour effet de changer le modèle de consommation de ces espaces insulaires avec notamment le développement de nouvelles activités économiques dont l’objectif principal repose sur la diversification des secteurs d’activité avec un développement rapide du tourisme et des secteurs industriels. Le secteur agricole est globalement en crise depuis plusieurs décennies et certains territoires comme Antigua et Barbuda par exemple, la pêche et l’agriculture représentent une faible part du PIB ; l’industrie touristique est la principale source de devises étrangères. Le déclin de l’activité agricole face au développement croissant du tourisme et d’autres secteurs industriels s’accompagneront d’émigration interne, des zones rurales vers les villes, d’ouvriers à la recherche d’un emploi. De 1950 à 2005, le taux de croissance de la population urbaine sainte-lucienne est en moyenne de 2,09 % tandis que la population rurale accuse une croissance de 0,8 % pour la même période ; la population de l’île est estimée à 161000 habitants en 2005 pour une croissance constante de 1,7 %/an depuis 1950 (World Population Prospects, ONU, 2004). Bien que les sols volcaniques de cette îles soient très fertiles, la topographie limite fortement les terres exploitables pour l’agriculture à seulement 28 % ; la diminution constante des terres exploitables associées au recul du nombre d’ouvriers agricole conduit certains habitants des zones rurales à se tourner vers la principale ville de l’île, Castries (FAO, 2000). La population s’est donc concentrée dans le nord de l’île avec près de 39 % de la population autour et au sein de la Ville-port de Castries ; l’immigration interne s’est poursuivie avec le développement d’activité touristique et de zones résidentielles dans la paroisse de Gros Islet dont le petit village est devenu à ce jour une nouvelle ville au nord de Castries. Toutefois, le développement d’un complexe industriel dans la partie méridionale de l’île a permis une redistribution de la population dans cette zone et fait de Vieux Fort la seconde ville de Sainte-Lucie (PAHO, 2002).
D’autres îles présentent des taux d’urbanisation très élevé comme Anguilla avec une population urbaine de 100 % ; la superficie de cette île étant très faible (91,57 km²), il est difficile de faire la distinction entre les zones rurales et les zones urbaines (figure 5). Les sols arides de cette île ne sont pas vraiment idéals pour le développement d’une activité agricole ; le tourisme de luxe et les services financiers étant l’une des principales sources de richesse.
Ces mutations socioéconomiques s’accompagnent également d’une forte représentation du secteur tertiaire qui correspond en moyenne à 71 % du PIB et une urbanisation qui concerne pratiquement tous ces États insulaires mais à des degrés différents. La part de la population urbanisée a pratiquement été multipliée par deux de 1950 à 2005 avec des variations très différentes d’une île à l’autre ; l’urbanisation concernait 27,7 % de la population martiniquaise en 1950 contre 96,7 % en 2005. La rapidité de l’urbanisation, associée à des migrations internes des campagnes à la ville pour certaines îles, s’accompagne inévitablement par un phénomène de concentration urbaine, la macrocéphalie (Filgueira, C. ; Lombardi, M. 1995).
Coastal Oil Company a loué les installations de Shell, ce qui permettra la réouverture du raffinage sur l’île en 1991 (J.Leclerc).
Notamment les phénomènes cycloniques de 1989 et 1995 avec l’ouragan Hugo et Marilyn.